Ce que tous les élus redoutent

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Mardi 21 juin 2016

Rillieux-la-Pape, samedi soir  des policiers contrôlent deux individus sur un scooter. « Le passager n'a pas de casque et le conducteur n'a pas les papiers du véhicule sur lui. Alors que les forces de l'ordre tentaient d'embarquer le duo, une cinquantaine de jeunes se sont massés autour d'eux. Après avoir essuyé des jets de pierre, de cocktails Molotov et de divers projectiles, dont des fruits. les policiers ont réussi à disperser l'attroupement grâce à l'arrivée de renforts.

Le conducteur du scooter ainsi qu'un lanceur de pierres ont été interpellés et placés en garde à vue.

Dans la nuit qui a suivi, le secteur a été perturbé par des casseurs. Trois voitures ont été incendiées et les policiers sont revenus à la charge avec du gaz lacrymogène et des tirs de flashball.» pouvait-on lire sur le site de Lyonmag le lundi matin.

Avenue de l'Europe les passants ont pu voir  deux nouvelles carcasses calcinées de véhicules incendiés dans la nuit de dimanche à lundi.

Ces faits se sont déroulés à Rillieux-la-Pape comme ils auraient pu se passer dans divers quartiers sensibles. Cette situation va de paire avec les deux articles relatifs à l’insécurité et aux incivilités que nous avons mis en ligne la semaine dernière. La tension est telle que la prudence est de mise.

A l’heure ou les médiateurs sont souvent impuissants à juguler les comportements, quelles solutions pour endiguer ce mal des quartiers sensibles résultat de 30 années de politique de la ville infructueuse. A court terme si nous continuons avec les mêmes outils, nous n’en voyons pas. Prévention comme répression semblent avoir échoués.

Nous avons tous en mémoire le joli terme, quasi poétique, de « sauvageon » usité par Jean-Pierre Chevènement  pour désigner une réalité qui l’était beaucoup moins : de jeunes délinquants souvent multi-récidivistes qui avaient le talent de rendre leurs cités invivables. 

A gauche comme à droite, tout le monde y est allé de son refrain. Jospin en 1999 avec son serrage de vis « Chaque fois que la rupture avec leur quartier sera nécessaire, l’éloignement des délinquants les plus durs sera organisé.»

Ségolène Royal lors de sa campagne présidentielle avait proposé un service à encadrement militaire pour remettre énergiquement certains jeunes particulièrement difficiles dans le droit chemin.

Nicolas Sarkozy, lui, a voulu employer un Karcher, mais n’a jamais trouvé la notice.

Le dernier a faire preuve de fermeté dans son discours est l’actuel premier ministre. Après avoir entendu les paroles, l’heure est peut être aux actes car les quelques perturbateurs font des émules et cela va devenir de plus en plus difficile à gérer.

A un moment donné, il va falloir faire preuve de sévérité et assumer les risques, il n’est pas possible de sans cesse reculer.

V.L