On ne fait peut-être pas mieux, mais on fait différent.

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Jeudi 7 juillet 2016

Voilà une citation qui mérite d’être étudiée. Raymond Aaron disait, les hommes font l’histoire, mais ne savent pas les histoires qu’ils font. Nous pourrions ajouter, les hommes jouent avec les mots, mais n’en connaissent pas leur sens. La répartie  de Kaoutar Daoun un soir de conseil municipal, peut-être glissée par un membre du cabinet via un SMS a semble-t-il marqué les esprits au point de donner à notre élue, leader du PRG  en attendant le retour de Morad Aggoun,  un nouveau statut.

On ne fait peut-être pas mieux : c’est reconnaitre que la mission est difficile et qu’un peu d’humilité est de mise. C’est accepter la critique, le jeu de l’opposition. Dont acte.  Attachons-nous plutôt à la seconde partie. Mais on fait différent ?  Un pas mieux différent vaut-il mieux qu’un moins bien patent ? A cette réflexion métaphysique, nous pourrions répondre en quoi le sort des Vaudais est-il amélioré. Le fait de faire différent dans on ne fait peut être pas mieux c’est donc du pareil au même ? Si c’est différent tout en obtenant le même résultat la donne ne change pas. Qu’importe le flacon pourvu qu’on ait l’ivresse.

Un exemple :  ces dernières semaines, c’est le thème de la sécurité qui est revenu sur le devant de la scène. Les habitants excédés sont sidérés par ce qu’ils considèrent comme une démission de l’autorité. Pour eux, la situation n’a fait que s’aggraver depuis l’arrivée des socialistes à la tête de la ville

Nous avons à plusieurs reprises abordé le sujet qui prend effectivement des proportions alarmantes, comme si un défi s’était instauré entre une petite partie de la population et les institutions. On ne fait peut-être pas mieux, répond à un questionnement. Avec  le peut-être en moins  cela deviendrait une certitude.

Aristote nous enseignait que la tolérance et  l’apathie sont les dernières vertus d’une société mourante.   

Stéphane Gomez pour le parti socialiste dans son « nous n'hésitons donc pas à dénoncer toutes ces attitudes égoïstes devenues insupportables pour les Vaudais » ne peut nier le climat délétère qu’engendrent des comportements asociaux. Mais le discours s’il se veut rassurant semble à contre-courant de la réalité quotidienne des Vaudais et du respect de la loi.

Une nouvelle fois, en conseil de quartier élargi du centre-ville, puisque toute la population était invitée, les habitants ont fait part du ras le bol concernant notamment un phénomène qui est monté en puissance ces  dernières années. Celui des incivilités liées à l’usage des deux roues. Que ce soit en bandes organisées ou bien de manière individuelle. 

Hier, au sud un scooter conduit par deux adolescents sans casques a pris un virage en coupant la voie opposée obligeant un bus à freiner brusquement pour ne pas les renverser. Nous pouvons comprendre l’angoisse des conducteurs et les raisons qui poussent les TCL à ne pas desservir certaines parties de la ville quand la circulation de certains deux roues devient anarchique.    

Les rodéos qui pourrissent la vie des riverains particulièrement les samedis et dimanches ont largement été pointés du doigt lors de ce conseil de quartier tenu en présence du maire. « Il y en a plus que les années précédentes. Et ça fait un mois que cela dure », a lâché une habitante voulant sans doute faire le rapprochement avec le ramadan.

Dans ce domaine, le « On ne fait peut-être pas mieux, mais on fait différent » laisse de marbre les Vaudais qui voient se dégrader leur vie quotidienne. Certes la mission de l’exécutif n’est pas facile, mais le problème était connu, ce n’est pas une découverte d’autant qu’Hélène Geoffroy se vante dans la presse de sa connaissance des quartiers et des solutions qu’elle va transposer sur la France entière. De plus la ville a conservé le même responsable de la sécurité.

Le triplement des effectifs de la police municipale est au point mort, car même ceux qui sont présents sur la ville ne souhaitent pas rester. Le turnover est important et pas certain que le port d’une arme soit suffisant comme élément de motivation pour faire venir ou retenir nos représentants de l’ordre public.

Quant à la question de consignes émises par la préfecture pour ne pas intervenir ou avec modération,  il est à souhaiter que les journalistes qui ont relaté ces faits dans la presse ce soient appuyés sur des informations avérées. Il arrive un moment ou la perte de confiance est totale, le trop c’est trop. Nous naviguons entre un sentiment d’abandon et de défiance.  Le temps n’est plus à la parole, mais aux actes. Nous attendons le « On a fait mieux et c’est visible ».

Il y a un véritable problème qui concerne celui de la sanction. Quel sort est réservé aux auteurs des infractions  lorsqu’ils sont interpelés par les forces de l’ordre. Bien souvent ce sont des multirécidivistes qui n’hésitent pas à défier les policiers sachant que les peines infligées sont légères, voire inexistantes. 

http://www.leprogres.fr/rhone/2016/07/07/pour-les-habitants-la-delinquance-de-cite-s-installe-au-centre-ville 

http://www.leprogres.fr/rhone/2016/06/15/le-controle-derape-trois-policiers-blesses

V.L