Maintenant au travail.

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Mardi 18 novembre 2014

« La meilleure manière de lutter contre un phénomène reste de commencer par en connaitre la réalité ». Cette maxime hautement philosophique et empreinte d’une certaine logique aurait pu être une citation de Lao Tseu ou Confucius. Mais non, c’est l’extrait d’un article d’Alexandre Buisine dans l’hebdomadaire satirique « Les potins d’Angèle » du jeudi 6 novembre. Le Plan territorial de lutte contre le racisme, l’antisémitisme et les discriminations voulu par la municipalité est maintenant une réalité. Une réalité médiatique et financière pour l’instant. Médiatique, car c’est en grande pompe que les différents partenaires ont signé les différentes conventions le 29 octobre 2014.

 

Capture sur le site de la LICRA

Pourtant, il manquait le principal intéressé, celui par qui le scandale est arrivé et qui nous pouvons le dire est à l’origine d’une démarche qui n’était pas dans le projet présenté aux Vaudais par Hélène Geoffroy lors des municipales. Le septième adjoint délégué à la citoyenneté par le sport, la culture et la vie associative qui en théorie, est par sa rédemption affichée celui qui va porter la bonne parole et suivre les différentes actions. Si tel n’est pas le cas, alors nous n’avons pas compris les nouvelles fonctions qui lui ont été déléguées. À l’heure de la cérémonie, ce dernier n’était pourtant pas retenu pour raison professionnelle, mais se trouvait peut-être en pleine méditation à quelques mètres de l’hôtel de ville. Était-il persona non grata ?

Réalité financière, car sur le site de la LICRA il est précisé les objectifs du plan

  • identifier les discriminations, les actes racistes et antisémites
  • faire reculer les préjugés et les dérives communautaristes
  • impulser un programme d'actions

Mais également que le budget consacré à ces actions est de 100 000 à 150 000 euros par an. Soit prés d’un million d’euros sur le mandat. Somme conséquente si le plan s’avère en finalité une rustine censée être la panacée réparatrice de notre adjoint fautif, mais relativement modeste si elle produit des résultats sur le vivre ensemble. Si nous ne manquons pas de voir les subventions accordées aux différents partenaires lors des prochaines délibérations, nous attendons en contrepartie la mise en place d’indicateurs montrant la réalité des actions et surtout les résultats obtenus. La république malgré ses beaux discours n’a pas tenu toutes ses promesses pour que nous arrivions dans la situation qu’une ville doit se mobiliser à travers un plan qu’elle va porter à bras le corps.

En attendant, quand prendra fin ce jeu du chat et de la souris entre l’opposition et l’exécutif municipal qui semble tout entier rangé derrière la reine Maire. Vu la position prise par cette dernière et en attendant la décision de justice ce serait impensable que des élus refusent de siéger. La réaction et le questionnement de l’opposition suite à une prise de conscience sont légitimes. Après une faute, ne pas se corriger, c'est la vraie faute (Confucius). Ce ne sont pas des faits anodins qui se sont produits. Que n’aurait-on entendu de par des valeurs de gauches socialistes si un simple sympathisant UMP ou FN avait proféré le quart des propos tenus par Ahmed Chekhab. Stéphane Gomez en tête de cohorte avec sa bible des citations à la main, clamant à cors et a cris son indignation. Ce ne serait plus la tempête dans un verre d’eau, mais un océan dans le fossé de la honte. Qu’on se le dise. Ces réactions à géométries variables sont malheureusement symptomatiques des politiciens français et si les citoyens que nous sommes se détournent des élections ce n’est pas sans raison. Il y a un code de l’honneur et des valeurs qui n’attendent pas la mise en place d’un plan.

Tout en comprenant la démarche de l’opposition, ce serait cependant manquer à un autre devoir vis-à-vis des Vaudais qu’ont les élus, celui d’être autour de la table du conseil municipal et débattre des délibérations. Ce ne serait en aucun cas déshonorant, ni une défaite de revenir sur une position qui a été prise. Il n’y a que les ânes qui ne changent pas d’avis. Laisser le conseil municipal dans une ambiance d’autocongratulation n’est pas le meilleur service à rendre aux Vaudais. Ce ne serait en aucun cas un déshonneur ni une défaite de revenir siéger et ce n’est pas Médiavaulx qui en ferait le reproche. Au contraire nous soulignerions leur sens des responsabilités. Qu’ils consultent les Vaudais ils verraient ainsi qu’en grande majorité ceux-ci partagent cet avis.  

V.L